Il Pennello reliure

Il Pennello

Dessin: Allais - Scénario: Perrotin
  • Projet Sandawe
  • Il Pennello

    Paris, Septembre 2054. Un dessinateur de BD raté découvre Il Pennello, un pinceau qui donne du talent à celui qui l’utilise.  Il possède également le pouvoir de donner la vie à ce qui est dessiné. Mais jouer avec la vie, n'est-ce pas jouer avec le feu ?

    project board
  • Planche 3

    Planche 3 Planche 18 : Chez l'antiquaire...
  • PLanche 12

    PLanche 12 : Rencontre... Planche 21 : Il Pennello et les grands maîtres
  • Hélène

    Hélène : L'amie de la sœur d'Elisa. 50 ans après... Anton : Un artiste dénué de talent mais non d'imagination...
  • La mère d'Anton

    La mère d'Anton : Autoritaire et possessive, elle ne comprend pas la passion d'Anton pour la BD. William Penn : Antiquaire énigmatique et manipulateur
  • Elisa

    Elisa : Modèle utilisé par Loisel qui va être projeté dans le temps d'Anton L'apparition... : Instant crucial. Anton s'est mis en tête de peindre l'héroïne de ses rêves, couchée sur son propre lit...
  • Paris 2054

    Paris 2054 : Où comment être perdue dans sa propre ville, 50 ans après... Au pub... : Soir de déprime. Anton rencontre William Penn.
  • Refus...

    Refus... : Rendez-vous chez un éditeur... Musclé...

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RÉSUMÉ

Anton Peralleau est  un artiste sans talent. Célibataire, il vit sous la coupe de sa mère et enchaîne les petits boulots alimentaires en attendant le jour où il sera enfin publié. Mais les 2000 planches refusées par tous les éditeurs de bande dessinée rendent ce jour des plus hypothétiques.

Anton vient d’essuyer un nouvel échec lorsqu’il entre en possession,  par l’intermédiaire de William Penn, un énigmatique antiquaire, d’un pinceau du XVIe siècle ayant soi-disant appartenu à Léonard de Vinci.

D’après l’antiquaire, Il Pennello ('le pinceau' en italien) a  la propriété de transcender le talent de celui qui l’utilise ainsi que le démontre son itinéraire qui, au fil des siècles,  a accompagné tous les grands courants picturaux.

Mais Anton découvre qu’Il Pennello possède un pouvoir bien plus fascinant.  Il peut jouer sur la matière, le modèle dessiné. Anton constate ainsi qu’il peut détruire un sujet réel  en le dessinant puis en l’effaçant sur la toile.

Une idée folle germe alors dans son esprit.  Peut-il inverser le processus ? Peut-il, tel un démiurge tout puissant, donner vie à une entité imaginaire en la dessinant sur la toile ? Anton, fan absolu de la Pelisse de Loisel et Le Tendre, et lecteur inconsolable de sa fin dramatique, décide de reproduire l’héroïne de la Quête de l’oiseau du temps, couchée sur son propre lit…

Pelisse apparaît. Elle a peur. Elle dit s’appeler Elisa Balanger et ne comprend pas ce qu’elle fait ici  alors qu’elle posait, il y a un instant,  en cette année 1974, dans l’atelier de Régis Loisel…

One Shot : Il Pennello | Tome : 1 | Format : Histoire longue | Nombre de planches : 80 | Public : Adolescents / Adultes

  • Fantastique
  • Roman graphique

Avis de l'éditeur

On est d'abord amusé, puis touché par ce dessinateur sans talent qui s'accroche contre toute évidence à l'espoir d'être édité. Le pinceau magique aurait pu être une grosse ficelle de scénariste. Serge Perrotin échappe astucieusement au piège par un rebondissement totalement inattendu, qui dirige l'histoire vers des détours surprenants. Jean-Marc Allais, dont c'est le premier album, surfe brillamment entre futurisme et rétro, dans des décors particulièrement spectaculaires.

- Un scénario très original qui renouvelle le thème des paradoxes temporels.

- Un habile mélange entre un Paris d'anticipation et de nombreuses références contemporaines qu'on s'amuse à rechercher.

- Un dessin clair, lisible, au réalisme précis, voire perfectionniste.

- Plus de quarante planches sont déjà dessinées, ce qui va réduire le temps de réalisation de l'album.

- Cerise sur ce gâteau: un hommage à une icône de la bande dessinée, la pulpeuse Pelisse, et aux deux immenses auteurs de la mythique 'Quête de l'Oiseau du Temps'.

DESCRIPTION

Vendredi 13 Septembre 2054, Paris. Anton Peralleau est dessinateur de bande dessinée. Il fête aujourd’hui ses 35 ans en encrant sa 2000ème planche. Des planches qu’il réalise sur du papier, comme ces maîtres du XXème siècle qu’il vénère tant. Anton archive ensuite soigneusement ses originaux dans son petit appartement situé au 6, rue St Mathurin. Aucune de ses œuvres n’a trouvé preneur. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Depuis 20 ans, chaque Vendredi matin, Anton envoie le travail de la semaine à tous les éditeurs de bande dessinée en ligne. Aucun n’a jamais répondu. En désespoir de cause, Anton a donc créé son propre site internet afin de montrer ses meilleures planches. Celui-ci est peu fréquenté. Le compteur reste invariablement bloqué à trois visites journalières ; des visites provenant toutes de l’ordinateur de sa mère.

Un observateur distrait, et peu connaisseur de la chose dessinée, pourrait aisément se rendre compte qu’Anton a peu de chance d’être publié. Et encore moins de vivre de son art. Son dessin est approximatif, son style impersonnel et sa narration catastrophique.

Mais sachant que toute peine mérite salaire, il n’est alors pas impossible de penser que le destin de l’ami Peralleau pourrait bien basculer en ce Vendredi 13 Septembre 2054.

Anton vient en effet de recevoir un mail de la célèbre maison d’édition www.comics.com. Un directeur de collection lui donne rendez-vous le jour même à 12H00 précises. Anton, fébrile, abandonne ses collègues goguenards et son chef de service furieux (il travaille à mi-temps dans une entreprise de saisie vocale) pour courir vers les locaux de la prestigieuse maison.

Après avoir patienté deux heures, Anton est introduit dans le bureau de Ronald Donne, le responsable des projets à visées pédagogiques. Donne le félicite pour l’assiduité de ses envois. Jusqu’à présent son talent – particulier - n’avait pu trouver à s’exprimer dans les nombreuses collections de la maison d’édition. Mais, il pourrait en être autrement car www.comics.com s’apprête à éditer un projet ambitieux en partenariat avec le ministère de l’éducation. Il s’agit de publier en ligne un manuel scolaire sur l’élaboration d’une bande dessinée. Le dossier, envoyé le matin même par Anton, serait parfait pour ce projet. On pourrait en extraire quelques cases afin d’illustrer la rubrique : « ce qu’il ne faut pas faire ». C’est très bien payé et il est question de décliner le concept dans une collection d’une dizaine d’ouvrages.

Anton, abasourdi, n’en croit pas ses oreilles. Lui qui ne s’est jamais révolté, qui a toujours accepté le silence des éditeurs comme une incitation à persévérer, ne supporte pas ce premier regard sur son travail. Toute la frustration accumulée pendant 20 ans implose enfin. Implose, car Anton n’est pas de ces sanguins qui entrent dans une colère noire et cassent tout dans leur furie. Non, Anton, est un « intérieur ». La colère monte lentement, paralysant tout sur son passage. Ses mâchoires se crispent, un stylet explose entre ses doigts. Ronald Donne prend peur et appelle les vigiles à la rescousse. Ces derniers saisissent Anton et le jettent à la rue sans ménagement.

La nuit est maintenant tombée sur Paris. Anton est accoudé au comptoir d’un pub. Lui, qui habituellement ne boit que du lait orgeat, a remplacé le breuvage lacté par une suite d’irish coffee. Il en tient une bonne et braille ses malheurs à qui veut l’entendre. Un homme en noir semble prêter une oreille attentive aux délires éthyliques du jeune homme.

L’homme en question dit s’appeler Sir William Penn. C’est un bel homme, affable, qui s’intéresse aux choses de l’art. Heureux de rencontrer un interlocuteur de cette qualité, Anton accepte de montrer ses planches afin qu’il puisse juger de la tenue de son travail.

Sir William Penn, visiblement satisfait, invite le jeune homme à passer le voir à son échoppe. Il tient une boutique d’antiquités et aimerait lui montrer un objet qui devrait l’intéresser.

Le lendemain, Anton est réveillé par l’arrivée intempestive de sa mère. Celle-ci, furieuse, vient d’apprendre le renvoi de son fils. Elle s’inquiète pour Anton qui vit depuis 20 ans dans l’attente d’un hypothétique contrat d’édition. Anton n’ose pas lui parler de l’entrevue avortée avec les éditions www.comics.com. Sa mère lui annonce qu’elle ne veut plus le voir dessiner. Les vivres lui seront coupés s’il n’a pas trouvé un véritable emploi dans la semaine. Anton se retrouve seul avec sa gueule de bois et ses rêves brisés. Plus personne ne semble croire en lui. A moins que…

Anton frappe à la porte du magasin d’antiquité. Il est accueilli par un solide cerbère mameluk au service de Sir William. Ce dernier dit être en possession d’objets très particuliers. Des objets qui ne sont pas à vendre. Il ne les collectionne pas pour leur beauté, leur style ou leur ancienneté mais simplement parce qu’ils ont appartenu à des personnages illustres. Médusé, Anton contemple un incroyable bric-à- brac composé de brosses à cheveux, chaussures, perruques, fosses d’aisance et autres services à vaisselle.

Un objet attire son attention. Il s’agit d’un vieux pinceau qui repose dans un écrin en bois ouvragé. Sir William lui certifie que ce pinceau a une histoire exceptionnelle. Les exégètes le nomment « Il Pennello » (le pinceau, en italien). Il a été fabriqué en 1518, au château de Cloux, sur les instructions de Leonardo da Vinci. A cette époque, le grand homme est âgé. Ses chefs d'œuvres picturaux sont derrière lui. De plus, sa paralysie de la main droite le gêne dans l’accomplissement de sa tâche. D’après Sir William, Il Pennello aurait grandement facilité le travail de Leonard et aurait ainsi été l’outil indispensable des dernières œuvres du maître. On retrouve ensuite ce pinceau en Hollande, au XVIIeme siècle, sur le fameux tableau du « chevalet » peint par Jan Van Schendel. Ce tableau est l’œuvre majeure du jeune peintre méconnu qui décéda peu de temps après son exécution. Après moult recherches, Sir William découvrit ensuite que l’étrange pinceau fut, un temps, propriété du Français Antoine Watteau. Un pinceau qu’il aurait acheté en 1719, lors de son passage à Londres, et qu’il aurait utilisé la même année pour peindre son fameux « Gilles ». Watteau décédera deux années plus tard à Paris. Penn perd ensuite la trace du fameux pinceau jusqu’à aujourd’hui.

Mais étrangement, et par un subtil effet du hasard, c’est à Paris que l’antiquaire a réussit à mettre la main sur l’objet convoité. La veille de sa rencontre avec Anton, il a acquis un lot lors d’une vente à la chandelle. Un lot poussiéreux qui renfermait Il Pennello mêlé à d’autres objets sans intérêt. Ce lot appartenait aux descendants d’un certain Misaubin, guérisseur charlatan qu’aurait consulté Watteau lors de son passage à Londres.

Devant Anton médusé, Sir William Penn soutient que ce pinceau possède des vertus exceptionnelles. D’après l’antiquaire : « cet outil transcende le talent de celui qui l’utilise ». Penn sourit du scepticisme du jeune homme et propose de lui prêter le pinceau afin qu’il puisse vérifier ses dires. Anton ne comprend pas pourquoi Penn ne teste pas lui-même cet objet soi-disant extraordinaire. L’antiquaire répond que chacun des utilisateurs du pinceau a vu son espérance de vie se réduire comme peau de chagrin. Anton lui paraît être l’homme idéal : un jeune dessinateur ambitieux, en bonne santé et dénué de tous talents artistiques.

Piqué au vif, Anton refuse la proposition de l’antiquaire. Qu’il s’adresse à l’un de ces peintres du Dimanche de la Butte Montmartre. Sir Penn répond qu’il a effectivement des projets pour le monde de la peinture. Mais, il est auparavant curieux de connaître l’influence que pourrait exercer Il Pennelo sur ce genre mineur qu’est la bande dessinée.

Anton décide, in fine, d’accéder à la proposition de l’antiquaire. Celui-ci lui remet le pinceau. A une condition : être l’acheteur exclusif de toutes les œuvres réalisées avec Il Pennello.

Anton se met aussitôt au travail.

Il esquisse quelques personnages. Le résultat est du plus haut intérêt. Jamais le dessinateur n’a obtenu un tel rendu. Jamais son trait n’a été habité par tant de grâce, ses personnages aussi « habités ». Anton contemple cette succession de dessins qui semblent avoir été exécutés par une main étrangère. Il attaque alors fébrilement la réalisation d’une planche. Après deux heures de travail extatique, lui, le laborieux, contemple la plus belle page de BD qu’il ait jamais réalisée. Anton n’en croit pas ses yeux. Est-il victime d’une hallucination ? D’un rêve éveillé ? Il décide d’en avoir le cœur net. Il scanne son travail et l’envoie à l’éditeur Ronald Donne. La réponse, sous forme d’une proposition de contrat, arrive immédiatement.

Anton, abasourdi, s’écroule dans un fauteuil. Il contemple, craintif, la petite chose inoffensive posée sur sa table de travail. Et si l’antiquaire avait dit vrai… Serait-ce possible que ce pinceau puisse transcender le talent de celui qui l’utilise ? Ces grands peintres dont il a parlé, ces da Vinci, Van Schendel et autre Watteau étaient-ils des artistes ratés, des sans talent qui, comme lui, auraient été touchés par la grâce d’Il Pennelo ?…

Anton tape fébrilement les noms de ces peintres sur le clavier de son ordinateur. Il contemple des œuvres magnifiques. La beauté et la force de celles de Leonardo da Vinci ne semblent pas être liées à l’utilisation du pinceau. Les œuvres de jeunesse de l’Italien sont habitées par la même puissance d’évocation. Idem, dans un autre registre, pour les tableaux de Watteau. Par contre, il semblerait que la toile du « chevalet » soit la seule œuvre de Jan Van Schendel. Du moins, la seule qui ait traversé les ans. Elle représente un peintre, de dos, en train de se peindre lui-même, de dos, sur une toile posée sur un chevalet. Il se dégage de ce tableau quelque chose d’indéfinissable, un sentiment étrange, qui en fait une œuvre unique.

Anton se met en quête d’une toile et de couleurs et commence à peindre une nature morte : quelques fruits posés sur un guéridon. Il travaille une partie de la nuit. Lui qui a toujours dessiné au trait, en noir et blanc, découvre qu’il peut jouer avec les couleurs, sculpter la lumière, transcender le réel. Abasourdi par la beauté du tableau achevé, exténué, le jeune homme s’apprête à aller se coucher lorsqu’il est tiré de sa torpeur par le Foureux. Le chat fête son retour au bercail en plantant les griffes dans le dos de son maître. Surpris, Anton, barre la toile d’un malheureux coup de pinceau.

Le lendemain, au réveil, Anton constate que les fruits sur le guéridon sont fendus en deux.

Un stupéfiant constat germe alors dans son esprit. Ce pinceau a manifestement le pouvoir de jouer sur la matière, le modèle. Anton décide d’en avoir le cœur net…

Comment ça marche

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