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3500 € pour écrire un roman noyé parmi d'autres, non merci...

La rémunération des auteurs de BD fait débat. Il en est de même pour les écrivains.  Je relaie ici la position de Marie Caillet publiée par le site actuallite.com :


En octobre 2017, Marie Caillet faisait part de ses interrogations quant au devenir de l’industrie du livre. Janvier 2019, les questions ont trouvé des réponses. Révélée originellement dans un concours organisé par Michel Lafon jeunesse en septembre 2010, l’auteure décide de mener sa barque seule. Elle s’en explique sans ambages.

Le 24 mai 2017, sortait le premier volume de sa saga, Les rumeurs d’Issar — Le talisman perdu, publié chez Hachette jeunesse. Un roman Young Adult pétri de fantastique et d’imaginaire, où la magie cohabite chez les Hommes... et parfois en élit un à qui elle conférera des pouvoirs spéciaux. C’était le cas de Edjan, adolescent de 16 ans, lié à un animal mythique... mais passablement ridicule. Délicieux et tendre, au milieu de grandes aventures !

Le tome 2, attendu par les fans, sortira prochainement, en effet, mais pas vraiment dans les conditions attendues. Dans un post sur sa page Facebook, elle explique, sans détour, les conditions de la parution, et ce qui l’a poussée à... quitter son éditeur. Et quitter l’édition pour cette série.
 

Chose promise, chose due ! Aujourd’hui, un post spécial Rumeurs d’Issar pour vous donner les premières infos : la sortie du tome 2, le titre... Et une explication sur ce long temps d’attente (merci pour votre patience !)
Tout d’abord, le tome 2 va donc paraître cette année, mais pas chez Hachette Romans : j’ai pris la décision d’arrêter ma collaboration avec cet éditeur, pour diverses raisons. Pour expliquer ma situation de façon très transparente, écrire un tome me prend un an, pour un à-valoir de 3500 € brut. Je dois en plus déduire de cette somme de lourdes cotisations d’auteur, plus les impôts. Bref, il me reste peu à la fin, tout cela pour perdre mes droits sur un ouvrage noyé parmi (trop) d’autres et peu défendu. 
Je passe un temps fou sur les Rumeurs, j’y mets beaucoup d’énergie et d’amour. Très simplement, je n’ai pas envie de continuer dans de telles conditions, guère intéressantes pour moi et amenées à se dégrader de tome en tome (on sait hélas que c’est le cas pour les séries). Je fais donc le grand saut : les tomes 2 et 3 seront autopubliés ! 



Pour l’accompagner, l’illustrateur Sébastien Del Grosso prolongera le plaisir. Et Le jugement des sabliers, tome 2, sortira donc au printemps. Une version numérique, ainsi qu’une édition papier en tirage limitée, nous explique-t-elle. 

Dans une tribune parue dans nos colonnes, voilà deux ans, l’auteure posait déjà les prémices de ce qui est aujourd’hui constaté : « Comme nombre de mes pairs, je suis confrontée à cette tension entre le temps souvent long de l’écriture, et celui, intense, de la production éditoriale. Deux réalités qui cohabitent et qu’il devient de plus en plus difficile d’équilibrer. »

Elle ajoutait : « À titre personnel, cela m’est arrivé lors de mes débuts : de 18 à 22 ans, j’ai travaillé sur ma première série chez un important éditeur sans toucher le moindre à-valoir. Autrement dit, sans aucune rémunération pour mon travail. 
 
Pour modifier cet état de fait, il est impératif que nous, auteurs, prenions l’initiative d’acquérir les outils et les informations relatifs à nos droits. Deux solutions s’imposent : sortir à tout prix de l’isolement, et élargir nos perspectives sur le milieu éditorial dont nous constituons pourtant la base. » 

6 commentaire

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J'ai bien compris, Serge...

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Bravo à ceux et celles qui veulent faire bouger les lignes. Sinon, on reste dans le système dont on se plaint. En faisant une analogie, on veut une terre propre mais si on continue de consommer de cette façon, sans changer le modèle de production (parce qu'on estime que personnellement, on en profite), on va dans le mur.

posté par horto -

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En fait, ce titre est son 5ème roman (celui qu'elle veut auto-éditer). Le second du cycle qu'elle a initié chez Hachette. Auparavant, elle a fait une trilogie chez Lafon. Elle passe donc de deux gros éditeurs à l'auto-édition. Elle fait partie de ces auteurs qui essaient de faire bouger les lignes. Pour elle, mais aussi pour ses collègues car depuis août 2018, Marie est secrétaire générale de la Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse. Elle s'investit également dans le mouvement #PayeTonAuteur et #AuteursEnColere.
Je suis curieux de voir où va la conduire son initiative. Je comprends sa démarche car j'écris également des romans jeunesse et c'est un tout autre chantier que d'écrire un scénario de band dessinée. Pour faire une analogie sportive, je dirais qu'écrire un scénario de BD est un sprint tandis que l'écriture d'un roman tient plus du marathon. Il faut avoir du souffle...

posté par Perrotin -

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faut relativiser... elle fait un premier titre, vendu à combien ? Quelques dizaines, quelques centaines ? si ça cartonne, on peut comprendre qu'elle s'insurge sur le montant, mais qui sait si ça trouve un public ? on trouve quand même quantité de m... inutiles aussi dans l'édition, faut pas faire comme si c'était indispensable et aussi se souvenir que c'est commercial. À l'oublier un peu, on voit ce que ça donne ici.

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désolant
.
.
.
abracadabrantesque?!?!

posté par AndyC -

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Tout est dit !
Mais les auteurs/dessinateurs,....ne sont pas mieux lotis pour autant.

posté par clavan -