Nous vous disons trois millions de fois "merci!"

Sandawe.com vient de franchir, grâce à vous, un nouveau cap : trois millions d'euros ont été récoltés au profit de la bande dessinée indépendante.

C'est notre édinaute Hérisson qui a effectué ce passage en soutenant le nouveau projet de Gilles Le Coz, le tome trois de 'Yo-Yo post mortem" intitulé "Mourir c'est pas la mort à boire !". Nous le remercierons par un cadeau de collection. Il le mérite bien, lui qui soutient généreusement de très nombreux projets depuis son arrivée sur le site, il y a trois ans.

Grâce à lui, grâce à vous tous, nos édinautes, nous pouvons chaque année aider des dizaines de projets de bande dessinée à tenter de voir le jour. Ils nous sont proposés par des professionnels de longue date qui ne s'y retrouvent plus dans l'édition traditionnelle, des auteurs encore inconnus pour lesquels nous servons de carte de visite et de tremplin vers d'autres éditeurs, de nouveaux auteurs qui portent en eux un projet depuis des années et à qui nous, et surtout vous, offrons la possibilité de voir leur rêve se réaliser, ou des blogueurs qui publient depuis des années sur internet et qui souhaitent voir leurs planches rassemblées dans ce vieux truc bizarre qu'on appelle un livre en papier. Ils sont les diverses facettes de l'édition indépendante d'aujourd'hui, dans un milieu en pleine mutation.

Depuis neuf ans, nous construisons ensemble l'une de ces alternatives à l'édition traditionnelle qui se révèlent de plus en plus nécessaires. Nous nous sommes, nous aussi, adaptés. Le site a évolué en fonction de vos demandes, de vos remarques... Pas toujours aussi vite que vous le souhaitiez, mais l'évolution s'est faite et se continuera.  Au départ "simple" maison d'édition par financement participatif, Sandawe est devenue une communauté, puis un site de divertissement (écrire "site de rencontres" risquerait d'être mal interprété), lieu unique où l'on découvre les dessous de la création de bande dessinée, où l'on échange avec des auteurs, où des amitiés se forment. Certains d'entre vous viennent nous aider lors des expéditions d'albums — une logistique très complexe organisée de main de maître par le plus célèbre d'entre vous, Marsu —, d'autres se déplacent carrément sur les festivals pour tenir le stand et s'occuper des auteurs. Vous avez transformé Sandawe en véritable réseau social, un réseau mû par la passion de la BD et orienté vers un but commun : aider des auteurs indépendants à faire exister leurs albums.

Dire que ces presque neuf années furent faciles serait mentir. Nous avons traversé de nombreux orages et nous savons qu'il y en aura encore. Nous avons dû convaincre face à un scepticisme énorme à nos débuts. Nous avons dû batailler pour nous faire une place dans des librairies totalement saturées par une surproduction délétère, irresponsable — voire criminelle, car elle est en train de faire du métier d'auteur de BD une espèce en voie de disparition. Nous avons dû rassurer ceux d'entre vous qui doutaient de notre intégrité ("vous vous en mettez plein les poches, finalement !"). Nous avons dû subir les jalousies d'auteurs au talent limité qui, pour des raisons incompréhensibles, nous avaient pris pour cible et compensaient les frustrations liées à leur stagnation professionnelle Bien compréhensible en éructant des rumeurs diffamatoires à notre propos (Petit florilège issu de notre bêtisier. Alain Henriet : "sur Sandawe, il n' y a que les auteurs qui ne sont pas payés, j'en ai les preuves !" Ou, très élégamment, à l'un de nos grands auteurs en dédicace avec lui : "Comment tu peux travailler avec quelqu'un d'aussi incompétent? C'est un con!". Cédric Mainil : "édinautes, on vous spolie. On vous arnaque, j'en ai les preuves !"). Tout cela nous a convaincus qu'il fallait apporter une chose qui ne se fait pratiquement jamais dans l'édition traditionnelle : la transparence sur les chiffres de vente et les revenus et pertes. Nous avons dû, au fil du temps, adapter notre modèle économique, nos contrats d'édition, notre équipe, nos modes de fonctionnement. Et nous continuons toujours à nous transformer, à expérimenter, à chercher de nouvelles voies, à nouer des partenariats pour poursuivre notre évolution, pour offrir de nouvelles solutions aux auteurs qui nous contactent et nous/vous font confiance.


Si nous avons pu, dans un domaine aussi volatile qu'internet où tant de start up disparaissent aussi vite qu'elles sont nées, arriver à cet âge canonique de bientôt neuf ans et à cette somme incroyable de trois millions d'euros récoltés au profit des projets indépendants, c'est parce que nous avons été soutenus, non seulement par nombre d'entre vous, mais aussi par des actionnaires motivés qui ont cru en nous.

A eux, à vous, trois millions de mercis (ce qui devrait me prendre un peu plus d’un mois pour vous le dire si je m’y mets de suite...)

Patrick Pinchart