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SL2 - 18/2/2015 - 18/2/2018 - Bilan d'ensemble, trois ans après la sortie du tome 2.

- Sara Lone 2: "Carcano Girl"

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Le 2 est sorti le 18 février 2015 - Faire un bilan trois ans après n'est jamais simple. Parce qu'il y a des données et des paramètres qui justifient tout. mais pas question de chercher un alibi.

Quelques explications. Il y a un an, je faisais le bilan de la seconde année de vie du tome 2 et à mon grand regret, je ne crois malheureusement pas que grand-chose ait changé depuis, on n'a pas vraiment de raisons d'être satisfaits et je suis mitigé sur la suite de l'aventure. David aussi.

La sortie du 3 a été programmée sans plus et sans le moindre écho ni opération, si on excepte un ex-libris, offert, que les libraires ont boudé et n'ont même pas daigné prendre, alors que c'était gratos. (Enfin pour eux...)  On est partis avec un nombre très insuffisant de commandes en amont, prises par les commerciaux de la Diff lors des "notés" !

On parle ici d'environ 2 000 albums demandés par les libraires pour une mise en place de départ France (hors Belgique, donc), chiffres absolument dérisoires, en passant par une systématique de commandes surprenante, minorant la demande effective à chaque opus tout en se basant sur les ventes du précédent, interdisant par là-même la possibilité de croitre et de vendre en nombre. C'est le cas pour beaucoup de titres.

Pour les réassorts du 1 et du 2, des commandes de l'ordre de... 250 exemplaires par titre ! Sur toute la France...

Du coup, démoralisé, Sandawe, enfin PP, n'a pas osé en réimprimer, se disant (et je le comprends, si je me mets à sa place) que ce n'était pas nécessaire, que la dépense était inconsidérée à ce stade et qu'on allait sinon tout se goinfrer en retours. J'ai acquiescé seul face à face avec lui, à Tournai lors de l'impression du 3, forcément déçu.

Parce qu'en fait et avec le recul c'était une connerie, avérée. Il aurait fallu un peu d'audace.

Réaction uniquement basée sur le fric. Même avec des commandes basses, un éditeur X ou Y ayant pignon sur rue (et fric en banque) croyant dans son produit aurait évidemment fait du stock en prévision d'un retournement de situation, prévisible, mais pas Sandawe qui n'en avait pas les moyens...

Impossible de les blâmer, je connais leur situation critique, mais ça fait chier ! Parce que forcément on a (tous) ainsi raté un créneau de sortie dont on sait qu'il se joue dans un laps de temps très court...

Car sur les deux premiers tomes on était limite, certes avec un peu de stock, mais de l'ordre de quelques centaines seulement, des commandes vite absorbées sitôt l'album 3 en librairie. Normal, les gens qui voient un 3 et le découvrent veulent commencer par le 1 et le 2 et le demandent à leur libraire puisqu'ils ne le voient pas en rayon.

Or très vite, mes infos en provenance de copains libraires venus de partout me font état de l’indisponibilité totale des albums, impossible à obtenir en commandes sur toute la France sur les écrans reliés au distributeur Hachette.

Deux semaines après la sortie, il n'y avait plus un seul 1 ni un seul 2 en stock. Le réassort avait pourtant et de façon très positive, repris sur le 3, quasiment autant que la mise en place initiale en une semaine, les libraires commençant à y croire, mais l'impossibilité d'avoir les deux premiers en commandes a coupé tout dans l’œuf.

Et Sw décide de réimprimer. Mais évidemment trop tard. On est fin octobre.

Et donc, a passé commande auprès de l'imprimeur Lesaffre de plus ou moins 1 500 tomes de chaque. Seulement, un mois après la sortie et en comptant un mois de fabrication, ce qui nous en a mis deux dans la vue, du coup... Alors parfait, deux mois après, soit fin novembre, les albums étaient de nouveau disponibles. (après une nouvelle erreur technique concernant le grammage de carton de couverture, mais passons...)

... Et forcément c'était trop tard ! Après l'heure, c'est plus l'heure et les achats ratés ne se rattrapent jamais. C'est passé.

Les autres nouveautés absorbent le regard du marché et l’intérêt des lecteurs retombe, jusqu'à la sortie suivante... Alors oui, on a sans doute vendu quelques tomes 2 et 1, mais en quantité négligeable. Quand au 3, sincèrement je crains que les chiffres à venir ne soient très décevants et je m'attends au pire.

Du coup au moment où il faut activer sur le 4, c'est compliqué, même si je crois toujours qu'un travail de fond sérieux sur le prochain et dernier peut porter ses fruits, mais il ne faut pas se leurrer et croire au Père Noël, on n'atteindra pas 10 000 exemplaires du 1 pour autant. La nouvelle orientation de SW complétement basée sur des libres et le déménagement à Nivelles avec des restrictions en terme de personnel actif ne vont pas dans le sens de pouvoir faire beaucoup mieux.

Donc bilan...

Le 2 trois ans après, c'est pour le moment moins de 4 000 ventes.

Je crois toujours dans notre travail et il y a encore quelques cartouches à tirer, un album de conclusion, qui doit se faire, même si David tout comme moi en a pris un coup au moral et que ça influe sur son travail actuel, dans une forme de morosité ambiante de plus en plus tenace autour de SL. Il est sans doute temps de plier les gaules après le tome 4, comme prévu, sans refermer la page Sara, sur laquelle j'ai pourtant toujours des vues pour une suite. Potentielle.

Mais il est clair que s'il y a suite, ce ne sera évidemment pas dans le même contexte. Et pas en crowdfunding qui - au-delà de la confiance que vous nous portez et dont on vous remercie du fond du cœur, bien entendu - a largement montré ses limites désormais, avec des hauts et des bas et ça ne va pas aller en s'arrangeant.

Excepté pour quelques blogueurs connus qui savent parfaitement attirer le chaland pour des produits tout à fait périssables et souvent médiocres, mais efficaces pour ramener du blé.

Kuzdo - Sang sous canopée - Scène 2

- Kuzdo

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(Mille excuses pour le timing, l'interface m'a bouffé mon premier jet.) 

 

Passée la stupeur du premier instant, les quatre aventuriers restants ont tôt fait de prendre la mesure de la situation : ils sont seuls au milieu de la jungle à des jours de marche de la "civilisation", tous à se regarder mutuellement en chien de faïence, morts de trouille. Pour couronner le tout, le feu est en train de baisser. Maintenant que les locaux ont disparu, à eux de se taper les corvées s'ils veulent de la lumière pour repousser les ténèbres. Et de la bouffe cuisinée. Et de l'eau...

À cet instant, une bête pousse un hurlement strident à l'orée toute proche du maigre cercle éclairé. D'étranges feulements sourds leur parviennent. Le vent dans les feuillages ? Des préadateurs ? Des créatures féroces ? Pire encore ?...

À la lueur des ultimes rougeoiements du foyer, le visage terrible du Dieu antique semble les toiser tous : le médecin morphinomane aux yeux fous et au visage inondé de sueur, la chercheuse entomolo-botaniste qui, d'un coup, se met à exécrer les petites bêtes et l'oppressante végétation alentour, le hobereau prussien qui perd de sa superbe et étreint son fusil fébrilement, la fifille vénéneuse qui, à cette heure précise, donnerait tout pour jouer les péronnelles dans un club de jeunes filles, à Londres, en sécurité...

C'est Lady L. qui craque la première et lâche sa fureur sur Auguste Boesmans.

- C'est vous, hein ? Vous lui avez avez injecté un poison quelconque. Du curare. J'en suis sûre. Ça vous arrange trop qu'il disparaisse. Toutes vos dettes envers lui se retrouveraient effacées, hein !

- Mais non, pas du tout, se récrie Boesmans, visiblement au supplice à cause du manque. C'est vrai que je lui devais l'argent, mais il s'estimait remboursé si j'acceptais de participer à l'expédition. Il m'a signé un quitus, chez mon notaire.

- Oui, c'est ça, bien sûr. En Europe, loin d'ici. D'ailleurs, vous avez parlé d'antiseptique, alors que ça ne s'injecte pas.

- Oui, oui, je sais, j'ai l'esprit confus. Les mots se mélangent dans mon esprit. C'est la chaleur, les fièvres.

- La drogue, oui !

- Oui, c'est vrai, je l'admets, je consomme, mais je lui ai bien injecté un produit antibiotique. Du sulfanilamide. L'ampoule est encore sous ma tente. Et la seringue est ici, vous pouvez vérifier. En revanche, c'est votre cataplasme qu'il a sur sa plaie. Vous le haïssez depuis qu'il vous a laissée tomber. Comme ne vous pourrez plus jamais l'avoir, vous l'avez empoisonné. Voyez comme tout son corps est arqué, c'est le curare. La jungle en est pleine, vous n'avez eu qu'à vous servir.

- C'est faux ! Je l'aimais, moi. Jamais je ne lui aurais fait de mal. Pas comme sa fille ! Elle le hait. Et c'est elle qui lui a fait son pansement. Elle a pu déposer n'importe quelle substance. Tout comme Von Kholer d'ailleurs quand il est allé cherché les compresses. Von Kholer ?...

- ...

- Où sont-ils ?...

Tout à leur querelle, les deux scientifiques n'ont pas vu disparaître leurs deux autres compagnons d'infortune. Mais ce ne sont pas les seuls à avoir disparu. Sur la table, la statuette du terrible dieu brille elle aussi par son absence...

Instinctivement, Lady L. et Boesmans se rapprochent du feu. La terreur déforme les traits de leurs visages. Tout autour, la nuit semble se refermer sur eux avec l'effroyable efficacité de la mâchoire d'une bête. Un grondement sourd fait vibrer l'air. Tout à coup, Boesmans montre quelque chose de son index tendu.

- Regardez ! Le bout des doigts de sir James. Ils sont tout griffés...

Du coeur de la forêt, un singe hurleur pousse un grand cri. A-t-il été dérangé ?...

Peut-être bien...

Car n'est-ce pas le bruit mécanique d'un chien qu'on arme qui vient de troubler le lourd silence de la jungle, à une centaine de mètres du camp ?

- Ttt, ttt, ttt... Horstie, mein kleiner Junge... Vous êtes si prévisible... J'étais certaine que vous alliez emprunter le sentier vers le fleuve. En amour comme dans la vie, vous manquez décidément d'imagination. Alors c'est pour rapporter cette jolie statuette à votre petit Fürher et sa moustache ridicule que vous avez empoisonné mon cher papa ? 

Lentement, Von Kholer dépose la statue au sol, mais ses mains se gardent bien de lâcher son fusil.

- Tu me croiras si tu veux, ma petite, mais je ne suis pour rien dans ce qui arrive...

- Allons, allons, en allant chercher les compresses, vous avez eu tout le loisir... Notez bien que sur ce point, je ne vous en veux pas, vous m'avez épargné cette corvée. Mais à présent, j'aimerais autant que vous me laissiez cet inestimable trésor. Vous ne sauriez pas quoi en faire, alors que moi, j'ai de très bonnes idées pour dépenser judicieusement une fortune...

- Je ne crois pas, fillette. Ce trésor est destiné à de plus grandes choses que tes dépenses inutiles...

- Oh que si tu vas me le donner, mon Horstie joli. Je te tiens en joue et je suis une excellente tireuse...

Cette nuit-là, il était écrit que le calme ne règnerait pas sur la forêt. Car à cet instant précis, deux coups de feu presque simultanés ont déchiré la nuit...

 

Alors la question reste la même : qui est à la manoeuvre ?

Pour 6 ticsons, réponse par MP (un nom, un seul) jusqu'à mercredi 21/02, 18 heures sussurantes, heure à laquelle arrivera la troisième scène.

L'EMPRISE: 1ère ETAPE AVANT L'IMPRESSION

- L'EMPRISE

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Bonjour à tous,
Après avoir envoyé le fichier PDF de l’album, l’imprimerie Lesaffre m’a envoyé en retour l’ozalid, appelé aussi « traceur ». Cela se présente sous la forme d’un album souple. Il permet de faire les dernières corrections si nécessaire. Après lecture, nous constatons que les couleurs sont parfaitement conformes au fichier mais nous avons fait quelques micro corrections . 
Nous avons reçu un accueil très agréable au téléphone de la part de Laura Fortunato, la commerciale qui s’est occupée de notre dossier depuis le début, Sylvain Soudant (le responsable Pré-presse) et Pierre Wallemacq (responsable fabrication). Ils ont répondu à toutes nos questions chaque fois que nous en avons eu besoin. Je les remercie encore pour leur disponibilité.

Pour la petite histoire, ozalid est une firme britannique et c’est aussi l’anagramme de diazol, qui est le papier sur lequel on imprime le traceur. Ils ont de l’humour ces anglais !

L’impression est prévue pour le Mercredi 28 février prochain à Tournai en Belgique (À 30 km de Lille). Je serai ravi de vous y rencontrer ce jour là. L’horaire n’a pas encore été fixé. Si vous souhaitez venir, faites le moi savoir ici même.

J’attends maintenant de la part de l’imprimeur, un nouveau PDF avec les pages corrigées Et puis en route pour l’impression finale... 

À très bientôt.

JM

Qui qui gagne le masque à gaz Toxic Boy ??

- Toxic Boy 2

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La contrepartie ultime de Toxic Boy 2 existe en 2 exemplaires. Le premier va à Mickey47, meilleur investisseur, qui pourra choisir le modèle de son choix. Le second va à un édinaute tiré au sort... et ce dernier est :

 

JULIEN. B

 

Félicitations !!

SNUFF : Création d'une planche 1/2

- SNUFF: L’INTÉGRALE

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Voici la première partie de mon humble procédure pour la création d'une planche.

  1. Tout d'abord je lis le scénario. J'aime bien savoir ce que je dois dessiner avant de commencer à dessiner. C'est plus facile... Le scénario est déjà remarquablement écrit et somptueusement découpé par Maître Nihoul. Il faut toujours cirer les pompes du scénariste. C’est le premier conseil que j’ai reçu de Philippe en arrivant ici.
  2. Je commence ensuite par faire quelques petits essais, sur des coins de feuilles, histoire de voir si tout ce magnifique travail scénaristique m’inspire. Et je dois dire que, jusqu'à maintenant, je n'ai jamais été déçu par le scénario.
  3. Je crée des petites vignettes pas plus grosses que la paume d'un pied (2 par feuille A4), comme superbement illustré sur la première image de cet article. On a pas de détail à ce stade, c'est certain, mais ça permet de se faire une bonne idée de la mise en scène, de l'équilibre de la planche et de la répartition des zones de noir. Comme les vignettes ne prennent que la moitié de la feuille, j’ai la place pour faire des petites études ou prendre des notes à côté.
  4. Je fais parfois une étape numérique ici. Je modifie un peu des trucs, j’essaie d’ajouter certains éléments, de changer de place, de taille, etc… Et le « ctrl+Z » est beaucoup plus simple à faire en numérique.
  5. Puis c'est le Grand Saut ; J'attaque le monstre. Je commence à dessiner le crayonné de la planche au format A3 en traditionnel. Je pourrais tout faire en numérique, mais j’aime bien garder aussi des sensations du traditionnel, comme le bruit du graphite qui crisse sur le papier… Hmmmm… Et puis bon, ça permet aussi d’avoir un objet physique dont vous apprécierez la beauté à votre convenance en place de la seconde image jointe.

La suite, dans un prochain article, dans quelques jours (pas besoin donc de rester connecté et d’appuyer sur F5 continuellement, sauf si vous avez assez de pommes chips en réserve).

Merci,

Bastien

#12 : Enchère Extra Damnés - Fan Art Punisher par Danilo Guida

- Les Damnés, tome 3 : "La pierre Lhadaufaz"

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Bonjour,

Nous voici en direction des 20%, en retard sur les objectifs pour l'instant, c'est à vous de remettre le train à l'heure pour qu'il arrive à la gare des 100% en décembre 2018 (ou avant) ! ;-)

Pour vous motiver, Danilo Guida s'est amusé, avec talent, à dessiner sa version du Punisher !

Il vous l'offre aux enchères avec une mise de départ à 20E et des paliers de 10E.

Faites vous plaisir et nourissez la cagnotte des Damnés 3. Sans vous, point de BD en 2019.

A bientôt pour d'autres publications axées sur la série, cette fois-ci.

L'enchère démarre maintenant et s'achèvera le 28 février à 20h30

Quelques rappels concernant les enchères :

- Le gagnant de l'enchère ne peut pas couvertir son achat en tickets pour la tombola mensuelle.

- L'envoi du dessin ne se fera qu'à la fin du financement des Damnés 3. Si le budget n'est pas atteint fin 2018, toutes les sommes investies seront remboursées par Sandawe.

Bonne semaine à toutes et tous !

 

Listes Transnationales: EU-E= 1 UE=0!

- Les Etats-Unis d'Europe

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En session plénière ce mois-ci, le Parlement européen vient de rejeter la proposition d'une circonscription éléctorale commune, qui aurait été source d'une liste transnationale aux élections européennes, parallèlement aux listes nationales.

Malgré un premier vote positif en commission parlementaire, et salué sur ce blog, le principal groupe politique au Parlement (PPE) a donc reculé devant ce nouveau défi fédéral...

Ce qui ne dissuade cependant pas Paris, l'une des premières capitales promotrices, à continuer de porter cette innovation...

Et les "Etats-Unis d'Europe" ne peuvent que se féliciter de leur avant-gardisme institutionel!

HDC2, recherches personnages féminins, ça continue !

- L'héritage du chaos: Fugue berlinoise

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La Fugue berlinoise continue de dévoiler ces recherches de personnages féminins et tente même quelques trucs aux feutres par la même occasion.
De tâtonnements en tâtonnements, on finira bien par tombre sur le bon chemin... du moins on l'espère.

Les prochaines publications devraient porter d'avantage sur l'environnement des personnages, à savoir celui des tranchées ("Encore !?" diront certains) et la ville de Berlin ("Bah ! Il était temps !" diront d'autres).

En tout cas, comme vous pouvez vous en rendre compte, on avance et on persiste pour vous montrer notre arrière cuisine, même si il ne s'agit pas encore des planches proprement dites.

LA SCULPTURE DE DOMITIA MAJOR ?

- Kallilea

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L’élégante Domitia Major, la sœur de Lars ainée d’un an et demi, toujours sérieuse et pondérée, pourrait être la jeune fille représentée dans cette sculpture appartenant, elle aussi, à la collection du Palazzo Massimo alle Terme... mais je crois que "Domi" avait des formes un peu plus généreuses.

Kuzdo - Sang sous canopée - Scène 1

- Kuzdo

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Chers amis,

Aujourd'hui, c'est à une revisite du classique whodunit ("who has done it ?") le meurtre en vase clos qui a fait l'heure de gloire du Murder and Mystery à l'anglaise, notamment dans l'entre deux guerres. En gros, un lieu, une poignée de protagonistes, un cadavre et une question : qui ?

Pour jouer, c'est tout simple. Trois scènes vont vous être proposées, toutes autour de la même intrigue. À chaque fois, la même question : qui ? Pour y répondre, vous pouvez au choix, donner au pif l'un des personnages présents, ou examiner tous les détails fournis pour fonder votre réponse sur un processus déductif. Il va sans dire qu'à chaque scène la base d'éléments s'élargit et que la réponse devient donc plus évidente.

Okey dokey ? Alors, let's go...

Juin 1937, au coeur de la jungle du San Theodoros. La vie est éprouvante au camp de base de l'expédition. Après presque trois mois à côtoyer serpents, araignées, bébêtes diverses et autres plantes vénéneuses, tout le monde est épuisé. Et l'ambiance éruptive. Déjà que tous les membres de l'équipée n'avaient pas forcément d'atomes extrêmement crochus à l'origine, autant dire qu'on est à présent au bord de la guerre larvée. La moindre étincelle pourrait bien tout faire dégénérer...

Enfin, on en était là jusqu'à ce que sir James Cox-Hofsteele trouve enfin une ouverture permettant d'accéder à la crypte sous la pyramide. Cela faisait des semaines entières qu'il s'acharnait, à en devenir fou, convaincu qu'il lui appartenait, et à lui seul, de mettre au jour le fabuleux trésor du légendaire roi Xoctazuma.

L'après-midi touche à sa fin et la nuit tombe déjà sur la forêt. De l'épais couvert montent les cris de bêtes invisibles. Éclairé par les torches de ses trois guides locaux, sir James, le visage radieux, revient du chantier de fouille avec dans ses bras une lourde statuette d'or massif. Presque un mètre de haut, une bonne dizaine de kilos de joncaille 24 carats. Il n'a voulu laisser à personne d'autre le soin de la porter, sans remarquer que les trois autochtones s'en tiennent prudemment à distance et auraient de toute façon refuser de la toucher.

Il la pose sur la grande table où ils prennent leurs repas et annonce, l'oeil fiévreux, qu'il va chercher sous sa tente un parchemin donnant des explications sur les secrets de cette relique mythique.

Sont présents les quatre autres membres de l'expédition :

- Horst von Kholer, grand chasseur devant l'éternel, qui passe son temps à dézinguer tout ce qui rampe, vole ou se déplace à 4, 6, 8 ou 10 pattes. Il a beau manifester en toutes circonstances une froideur sarcastique de mauvais aloi, on voit régulièrement briller dans ses yeux une lueur meurtrière. Surtout quand il regarde sir James à la dérobée. D'après certaines rumeurs entendues à Londres, cet aristocrate prussien serait un agent du Reich mandaté par Berlin pour une étrange mission. Il est fort probable que cette rumeur soit parvenue aux oreilles de sir James.

- Lady L., entomologiste et spécialiste de la pharmacopée, ancienne maîtresse de sir James, et qui lui voue depuis sa répudiation un sentiment ambivalent de haine toujours mêlée d'adoration. Mais attention, derrière son apparente molesse se cache en réalité un tempérament de feu, volontiers exalté, passionné, voire extrême...

- Auguste Boesmans, médecin de l'expédition, qui commence à trouver le temps long depuis que sa réserve de morphine personnelle est en passe d'être épuisée. Il a beau confectionner toutes sortes de décoctions, parfois en collaboration avec Lady L. pour se faire une pharmacopée de substitution, il n'a toujours pas trouvé la martingale. Certaines expériences lui ont toutefois fait découvrir des effets psychotropes assez extrême.

- Miss Cox, fille de sir James, qui déteste son père, ce qu'il représente, le mal qu'il a fait à feu son épouse (et donc mère de miss Cox). Elle a accepté de participé à l'expédition pour 1) le surveiller et 2) trouver un éventuel moyen de lui nuire. Au cours des trois mois, elle a été la maîtresse de von Kholer pour tuer le temps, puis s'est amusée à séduire lady L. pour faire marronner son père et mettre l'autre élément féminin du groupe à sa botte. Dernier détail, si la réserve de morphine de Boesmans a si vite baissé, c'est qu'elle a allègrement tapé dedans. On se fait tellement suer au milieu de la jungle...

Sir James ressort de sa tente avec le précieux document, clamant que c'est bien la statuette du Dieu Castoalecoalt, principe de toutes choses et source de tous les pouvoirs. Qui en détient le secret, détient la puissance. Il ne remarque pas que les guides se sont fait la malle et qu'il ne reste plus qu'eux cinq autour de l'inquiétante statue qui semble flamboyer...

Comme il s'est blessé pendant les fouilles dans la crypte (une estafilade sur le bras), Boesmans insiste pour qu'il se soigne avant toute chose.

Von Kholer va chercher des compresses.

Boesmans fait une injection antiseptique à sir James.

Lady L. applique une solution phytosanitaire de son cru (à base de plantes de la jungle) sur une compresse.

Miss Cox la lui ôte des mains pour l'appliquer elle-même sur l'estafilade de son père. ("Laissez, je vais m'occuper de mon petit papa...")

Pendant que tout le monde s'affaire, sir James décrypte à voix haute le parchemin. "...dans les yeux, et sera alors révélé la splendeur translucide de la lumière. Mais gare, car qui ne peut voir mourra..."

Ça y est, son avant-bras est emmailloté. Il triture fébrilement le visage du Dieu représenté en statue. Ses doigts touchent les yeux et un compartiment s'ouvre à la base du socle, révélant un sublime diamant. Énorme, au moins 300 carats. Tout le monde pousse des petits cris de surprise émerveillée.

Sir James se lève... puis s'écroule, raide, le corps inerte, comme foudroyé par un sort qui l'aurait transformé en bout de bois. Tous ses muscles sont crispés, mais il ne respire plus...

Question : qui est à la manoeuvre ?

Pour 8 ticsons, réponse par MP (un nom, un seul) jusqu'à lundi 19/02, 18 heures.

Good luck à tous.